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 Sergueï Ivanovski [Un jour, je serais le Maître de ce monde]

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MessageSujet: Sergueï Ivanovski [Un jour, je serais le Maître de ce monde]   Jeu 4 Juin - 13:31

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Roi d'Hellena

© crédit : Sorin - Magic the Gathering
Doubles-Comptes : Failure - Friederich Reinefiled
Fiche : Un jour, je serais le Maître de ce monde.
Journal : Mémoires
Sexe du personnage : Masculin
Messages : 159
Date d'inscription : 04/06/2015
Age : 25
Localisation : Devant la cheminée.

Ivanovski Sergueï
Age
70 ans.
Age d'apparence
30. ici.
Groupe sanguin
O-.
Sexualité
Tout.
Race
Hungry.
Métier
Roi.
Allégence
Royaliste.
Code
Ecrire ici.
Feat
Sorin de Magic the Gathering.
Physique
Sergueï ne passe pas inaperçu.

Dans une soirée, il sera facilement reconnaissable par sa haute taille, et son allure. Habillé de noir des pieds à la tête, il dégage quelque chose d'austère, malgré son sourire bienveillant. Ses épaules sont larges, sa poitrine épaisse, ses mains grandes et carrées. Il porte une aura pesante, comme s'il était capable à chaque respiration de balayer les fétus de paille autour de lui. Ses cheveux blonds, presque blancs tombent dans son dos en de fines mèches, encadrant un visage viril. Son nez long ressemble à celui d'un corbeau, sa mâchoire puissante est soulignée par des lèvres charnues s'étirant toujours dans un sourire. Le front haut, les sourcils étirés vers ses tempes, Sergueï porte une figure charismatique. On ne peut pas le qualifier de « beau », mais plutôt de « remarquable ». Sa tenue n'est pas complexe, elle est simple, mais elle suffit à lui donner un style. Sous ses vêtements, il cache à peine des muscles bien dessinés, une poitrine et des bras puissants ; un coup de poing de sa part, et il pourrait fracasser le crâne de son adversaire.

Sergueï ressemble à une statue de marbre, sa peau est pâle comme celle de son espèce, mais elle semble douce, fine ; on dirait de la craie. Il a les pommettes hautes, les yeux légèrement enfoncés, mais en amende. Leur couleur n'est pas si extraordinaire que ça, mais elle soutient son charme. Des pupilles ocres, fixant les autres, comme s'il était un prédateur attendant le bon moment pour sauter sur sa proie.

Sergueï habille son visage de diverses expressions, changeant en fonction de son interlocuteur. Lorsqu'il sourit à quelqu'un qu'il juge inférieur à lui, il dévoile ses canines pointues, laissant sous-entendre qu'il n'aurait aucun mal à le dévorer. Lorsqu'il est face à une personne qu'il apprécie, ce rictus devient un doux sourire bienveillant. Il ressemble à un guerrier, il porte à sa hanche l'épée que sa famille se transmet de génération en génération. On ne l’a jamais vu s'en servir contre qui que ce soit, mais sa manière de se déplacer, son pas léger, sa gestuelle mesurée montrent qu'il sait où frapper pour tuer quelqu'un. Lorsqu'il est inquiet, ou lorsque quelque chose le chiffonne, une ligne apparait sur son front. Pourtant, Sergueï fait son possible pour ne pas montrer ses émotions. Elles sont profondément cachées sous un coeur battant furieusement. Sa voix est forte, caverneuse ; elle semble sortir d'une grotte. Il n'a aucun mal à se faire entendre, puisqu'elle résonne facilement. Sa diction est parfaite, et agréable à entendre.

Sergueï a souvent les mains derrière le dos, et lorsqu'il marche, il fait de grands pas. Le menton légèrement relevé, il observe autrui depuis un trône imaginaire. Dès qu'il entre dans une pièce, on sent une présence animale, et en tournant la tête, on ne sera pas étonné de le rencontrer. Il impose, possédant une sorte d'autorité naturelle dont il s'est abusé. Il sent la noblesse, et l'orgueil.

Caractère
Aux premiers abords, Sergueï est facile à cerner. Comme tous les nobles, il porte constamment un masque, mais celui-ci sera la plupart du temps bienveillant. Il s'exprime clairement, même s'il sait jouer des sous-entendus, et se montre excellent dans les joutes verbales. Il semble désirer prendre soin des autres, et sa vision des choses — des humains surtout — est particulière. Sergueï a conscience que les Hungrys ont besoin des humains pour survivre, toutefois il considère qu'il faut prendre soin de ces petites choses fragiles. Sa famille dirige depuis bien longtemps la Ferme, on lui a rapidement inculpé l'idée qu'il devait prendre soin du « bétail ». Il infantilise les humains, considérant que leurs erreurs et leurs infériorités sont dues à un manque d'expérience, et pour les rebelles... ce ne sont que des enfants désobéissants, affrontant l'autorité suprême qu'incarnent les Hungrys. En tant que Maître, il est de son devoir d'éradiquer toute once de révolte, et de les éduquer, selon sa façon.

Ainsi Sergueï ne parait pas cruel, simplement « spécial ». En réalité, si la colère parvient à prendre le dessus, il fera preuve d'une extrême violence, mais on l'a toujours arrêté à temps avant que ça n'arrive. C'est un être passionné, vindicatif, et très déterminé. Sa volonté est telle qu'il ne supporte pas l'échec ; c'est pourquoi lorsque Desya Vassily fut élu à sa place, il refusa de voir la réalité. En tant que membre important de l'aristocratie, il a dû quelques fois rencontrer le personnage, ainsi que la Reine actuelle, Aelitha Rainfall. Leur couple a toujours été pour lui un mystère, et ce « choix » du public pour Vassily le dérouta. Aelitha Rainfall était — et est toujours — populaire au sein de la noblesse, sa famille possède une grande influence, dépassant même celle des Ivanovski. Pour Sergueï, il était naturel que Aelitha fût choisie. Mais Desya ? Vaste plaisanterie ! Sergueï s'acharna pendant un an à prouver qu'il y avait eu tricherie, et cela porta ses fruits.

C'est un être orgueilleux, et plutôt froid au fond de lui-même. Son éducation a été rude, et il est certain qu'il risque d'en donner une tout aussi pénible à sa descendance. Il craint de devenir père, conscient qu'il reproduirait le même schéma que le sien. Pendant des décennies, Sergueï a subi le déshonneur ; sa famille a été accusée d'avoir trahi un couple royal, enchaînant la mort barbare de la reine. Lui, il ne voit dans cette rumeur que de la jalousie, il sait qu'on craint sa famille. Et désormais, c'est lui que l'on craint. On dit qu'il est capable de tuer quelqu'un d'un simple regard ; Sergueï prend soin du masque qu'il porte, mais parfois celui-ci se brise, et montre ce qu'il se trouve au plus profond de son âme.

Malgré tout, il sourira en ayant l'air de dire : « contrarie-moi encore, et je donnerai tes membres à manger aux charognards ». On se demande donc souvent quelle est sa vraie personnalité, à quel point il peut-être hypocrite, mais ce sentiment disparait dès qu'on le croise. L'aura de Sergueï est lourde, on ne peut que se taire devant son allure, et sa carrure. En réalité, il est de bonne volonté, il est comme tout le monde, ambivalent. Parfois bon, parfois salopard, tout dépendra des moments. Une chose est toutefois certaine : les rebelles lui font perdre patience, et il leur fera payer de la manière la plus violente possible, afin de leur rappeler où se trouve leur place.
Histoire


Sergueï Ivanovski. Un nom gravé dans notre mémoire. Dans notre sang.
Je suis né pour gouverner.


L'enfant leva son regard mordoré sur la gigantesque silhouette qui lui tournait le dos. Une fine ligne sur son front traduisait son inquiétude, le reste de son visage restait aussi impassible que celui d'une statue. Un exercice qu'il lui avait été pénible à apprendre, et qu'il ne maîtrisait pas totalement. De larges épaules se dessinaient sur le mur face à lui, parfois troué par la danse des flammes dans le feu de cheminée. Son père observait le feu danser, ne l'affligeant pas de son éternel oeil froid. À la hanche du Hungry, une longue épée pendait, et scintillait, l'enfant savait qu'elle lui appartiendrait un jour. S'il s'en montrait suffisamment digne. Des cheveux d'un blond presque blanc tombaient sur son front haut, cachant ses sourcils et ses yeux. Lorsque son père se mit à bouger, il les rejeta vivement en arrière. Lentement, il se retourna. D'abord, sa face fut avalée par les ombres, mais doucement, la lumière lui redonna des couleurs. Une peau semblable à de la craie, des pommettes hautes, et une bouche tordue dans une éternelle grimace chaleureuse se dévoilèrent à lui. La poitrine de son père se baissait et se soulevait, dans une respiration régulière et lourde. Les mains derrière le dos, Ivanovski toisa sa progéniture. On aurait dit un lion jugeant le petit que sa lionne lui avait jeté dans les pattes, avec un mélange de dégoût, et de compassion. Cette chose minuscule, osseuse, et blanche, elle était à lui. Elle était de son sang.

« Sergueï Ivanovski, déclara son père de sa voix grave.
— Oui ? »

L'enfant avala sa salive, et son père le remarqua. Le Hungry prit une grande inspiration, mais il se retint de soupirer à la dernière seconde. Sergueï eut soudain la furieuse envie de triturer ses doigts, de les tordre dans tous les sens, et de se mordre la lèvre. Ne jamais rien montrer. Toujours tenir un masque froid, blanc, fade, au regard vide. Sergueï ferma les yeux pour ne pas craquer, mais il entendit son père se rapprocher. Son pas tambourinait sur le plancher, véritable glas, et il se mouvait vers lui. Un lion se mettant en route pour sauter à la gorge de sa proie, voilà ce qu'était son père. Il le dépassa pourtant, mais il s'arrêta :

« Tu es né pour gouverner, mon fils. Tu dois plus travailler. Tu bégayes parfois, lorsqu'on te demande une longue explication. Et cesse de froncer les sourcils ! Ton visage ne doit rien exprimer ; les émotions, c'est une chose humaine. Et vois ce que nous avons fait de cette espèce. Veux-tu te retrouver à la place de ces humains que l'on vend ? Veux-tu devenir toi-même du bétail ? Nous avons le pouvoir, mais ne nous sommes pas encore reconnus comme les véritables maîtres de Hellena. C'est à toi, Sergueï de prendre la relève. »

Si je devais citer un exemple de ma réussite, ce serait mon père. Stanislav Ivanovski a incarné — selon moi — toutes les qualités qui font un Hungry. C'est un être charismatique, mais avec assez de discernement pour ne pas se laisser emporter par ses envies. Ma famille dirige depuis longtemps la Ferme, chaque génération apporte une tête différente, comme si nous nous passions le pouvoir. Lorsque mon père s'éteindra, ce sera à moi de m'occuper de cette tâche. Mon père m'a toujours poussé de l'avant, m'encourageant, et l'échec était pour lui une expérience comme une autre. Je transmettrai cela à mes futurs enfants, car il est important pour moi que notre descendance apprenne de nos propres erreurs ; chose ayant fait terriblement défaut aux humains.
Mémoire de Sergueï Ivanovski, billet numéro 6.


L'enfant serra les dents, il tenta de ne pas bouger, mais au dernier moment, son corps faiblit. Il grimaça, il ne parvint pas à retenir le ronflement de douleur. Son père l'avait pris par les cheveux, et il le poussait en avant, il sentait ses racines se détacher de son crâne. Stanislav Ivanovski poussa son fils contre le mur ; le corps du gamin se fracassa contre, et retomba, comme s'il venait de jeter une poupée de chiffon. Sergueï avait la poitrine compressée, son souffle erratique était la seule chose qu'ils percevaient tous les deux. Il voyait son père se rapprocher, sa silhouette dévorait à nouveau la sienne.

« Il parait que tu as levé la main sur ta cousine, est-ce vrai ?
— Non... »

L'enfant tentait de mentir, il se répétait à lui-même que sa main ne s'était pas écrasée contre la joue boursoufflée de cette peste. Elle l'avait cherché pourtant ! Son insupportable voix aiguë lui avait transpercé les tympans, tandis que ses insultes se déversaient dans son cerveau comme un torrent : « chiffe-molleuh » avait-elle chanté en dansant, parce qu'il avait refusé de jouer à l'épreuve du courage. Chacun leur tour, les enfants s'étaient donné des défis, et le sien avait été de brûler le bras d'un esclave avec des braises. Fermement, Sergueï s'était refusé à cette animalité ; il avait repoussé cet instinct, férocement, car il devait « être gentil avec le bétail. » Au bout d'un moment, alors qu'elle s'était mise à lui jeter de la terre, il n'avait pas résisté. Dommage que sa tête n'avait pas volé !

« Menteur. Tu sais très bien que je méprise les menteurs ! »

Sergueï se recroquevilla, le souffle court. Prostré contre le mur, il savait quelle position il devait adopter pour que ce soit le moins douloureux possible. La moindre bêtise, et son père l'inondaient de sa rage. Les genoux contre son ventre, sa tête dans ses bras, il retenait sa respiration en appréhendant le prochain coup de son père. Sa chaussure rentrait dans son ventre, lorsque son père piétinait les derniers fragments de son affection. Dans cette immense salle, il n'y avait personne pour le sauver de Stanislav Ivanovski. Sa mère était morte lorsqu'il avait eu trois ans, et âgé à peine de dix, il devait compter que sur lui-même. Lorsque son père s'arrêta, afin de reprendre son souffle, Sergueï lui lança un regard noir. Ses deux pupilles ocre brillaient de haine. Son père esquissa un sourire.

« Voilà... j'aime ce regard. C'est le regard d'un être fort. Je te donnerai s'il le faut, jusqu'à ce que tu parviennes à te relever de toi-même. Debout ! Sergueï ! Tu vas présenter tes excuses à ta cousine, et si j'apprends que tu la frappes encore, je vais te couper les mains. C'est bien compris ? Je peux toujours te remplacer. »

Cette menace était ce qui terrifiait le plus l'enfant. « Se faire remplacer », comme les esclaves à la Ferme. Parfois, un Hungry revenait avec un humain qu'il jugeait trop défectueux, et il repartait avec un autre. Si ce qu'il disait était avéré, on éliminait l'animal. Il ne voulait pas être éliminé de la sorte.

Je pense que nous sommes des animaux sociaux. C'est pour cela que mon père s'est remarié au bout d'un moment ; le chagrin qu'a laissé le décès de ma mère n'a pu être soigné qu'avec l'arrivée de sa nouvelle femme. Après tout, nous vivons vieux — nous autres Hungry — pour voir partir et arriver, ceux qui nous sont chers. Ils ont eu un fils, Markov. Il est mort dans des circonstances tragiques, comme si tous les êtres que mon père aimait disparaissaient. Aujourd'hui encore, j'ai le coeur serré lorsque je pense à Markov. C'était un être si doux, si généreux, et si sensible ! Mais son esprit était éprouvé par tout, et par rien. Je crois qu'il n'était pas prêt pour ce monde. Lorsque vous devenez un Ivanovski, il y a tout un tas de choses qui se mettent sur votre route. Cette vieille rumeur, par exemple, disant que c'est à cause de nous que le roi Jared Knox, et Micah Phinnaeus sont morts. Quelle vaste plaisanterie ! Nous dirigeons la Ferme depuis des générations, et selon cette rumeur, c'est une Ivanovski qui a aidé les rebelles à s'entraîner, qui leur a donné des armes, et qui serait celle qui aurait amputé la reine ! Balivernes ! Ma famille est plus qu'influente, et j'ose dire, sans crainte, que ce n'est qu'une manière comme une autre de nous éloigner du pouvoir. Nous avons des ennemis.
Mémoire de Sergueï Ivanovski, billet numéro 12.


Sergueï plissa les yeux sur la nuque de Markov. Il était éloigné de lui quelques pas, mais il pouvait vite les franchir. Son demi-frère, si chéri de sa mère, si adoré de son père était devant les escaliers. Dix ans séparaient les deux enfants, et pourtant, Sergueï avait la sensation qu'il suffisait d'un mouvement pour se rapprocher de lui. Markov était le mélange de son père, et de sa nouvelle femme ; un bloc de froideur éraflé. Du patriarche, il possédait son oeil ocre, et de sa mère, il possédait la chevelure brune. Stanisflav donnait à Markov plus d'attention qu'il lui en donnait ; lui, il avait droit à entendre des contes de fées avant de s'endormir, tandis que Sergueï, il devait se répéter qu'il était un gagnant. Un Maître du monde. Mais le Maître du Monde était jaloux, capricieux, et il ne possédait rien. Son petit frère jouait devant les escaliers, avec des crayons et des feuilles, ainsi que des peluches. Celle posée contre la rambarde était un ours que son père lui avait offert, chose qu'il lui avait toujours été refusé.

Avec le temps, Sergueï ressemblait plus à son père ; son corps chétif avait pris du muscles, ses épaules étaient devenues plus larges, et sa poigne plus forte. Une simple pression des doigts, et il était certain qu'il pourrait arracher la tête de Markov. Son ombre se déployait sur la silhouette assise de son frère, tandis qu'il s'amusait à montrer son dessin — hideux — à sa peluche favorite. Il se releva brusquement en entendant sa mère, et Sergueï sut qu'il devait agir. Dès que Markov posa son pied sur la marche, Sergueï serra les dents. Sa main vint s'écraser dans les omoplates de son demi-frère. Il ouvrit la bouche, et il vit le frêle enfant tombé en avant ; il eut un bref sourire. Markov ressemblait à une marionnette, dont on tirait le buste en avant, et les bras en arrière ; sa tête bascula vers Sergueï. Le reste se passa si vite, comme pour rattraper cette seconde, où le petit Maître savoura le cri de peur de son rival.

« MARKOV ! »

L'enfant roula en bas des escaliers, ses petits membres grêles se cognèrent contre le mur, et les marches. Recroquevillé aux pieds de sa mère, bête blessée, il pleurait. Les mains contre ses cuisses, Sergueï avait les yeux grand ouverts, hébété. Ou du moins, il avait appris à changer de masque en fonction des occasions ; son père serait fier, songea-t-il. Malheureusement, l'incident ne fut pas mortel. Sa belle-mère lui jeta un regard farouche, comme si elle avait compris qu'il était à l'origine de ça. Elle prit son fils par les épaules, elle le secoua, et elle murmura :

« Qu'est-ce qui s'est passé ? »
En hoquetant de douleur, Markov répondit :
« Je suis tombé tout seul. »

Sergueï ne put cacher sa surprise. Il tendit la main vers son frère, mais il ne bougea pas. Ses oreilles sifflaient, et bientôt, son père apparu, tremblant de peur vers le nouveau trésor de sa vie.

Les humains... ils sont pour moi semblables à des enfants. Si nous avons pu dominer Hellena, c'est parce qu'ils sont inférieurs ; nous sommes le résultat de l'évolution. Pourtant, les humains pensent encore pouvoir nous vaincre. Il faut prendre soin d'eux, ils n'ont pas conscience de leurs actes, et surtout, ils sont fragiles. La mort leur vient aisément, ils tombent malades, ils se blessent... La Ferme est là pour leur apprendre comment survivre : en nous obéissant. Ces êtres si mignons sont des animaux, et comme les animaux, ils se montrent stupides. Voyez les rebelles : des humains incapables de voir le bien que nous leurs rendons. Des enfants obéissants, inconscients de la chance qu'ils ont. Notre société est fondée sur le rapport de Maître, et d'esclave. Un Maître fait partie de la race supérieure, la nôtre ; l'esclave, lui, il est notre nourriture. Son innocence le pousse quelques fois à des folies, et c'est mon rôle de lui apprendre à ne plus en faire. Les rebelles sont ces enfants désobéissants, qui connaissent à peine les règles, et qui veulent marcher sur le territoire des adultes ! Douces créatures ! N'est-ce pas formidable ? Il y a tant de passion dans ces poitrines-là que je trouve cela délicieux ! Nous devons leur enseigner les véritables valeurs, et leur montrer comment on punit un enfant qui n'est pas sage.
Mémoire de Sergueï Ivanovski, billet numéro 16.


« Hum... »

Sergueï avait les mains derrière le dos. Il se tenait droit, devant son père, tandis que ce dernier discutait avec un des dresseurs de la Ferme. Markov était dans son coin, comme horrifié par ce qu'il voyait. Sergueï l'observait parfois, inquiet de le voir si malade. Pour lui, ce spectacle était banal. Stanislav décidait de temps en temps de leur faire faire le tour de la Ferme, et de leur montrer comment on s'y prenait pour dresser un humain avec une once de révolte. Le patriarche caressait pensivement le pommeau de son épée, tandis que le dresseur donnait des explications sur la jeune fille qu'on allait dresser. Elle était maigre, ses seins étaient minuscules, ce n'était qu'un tas d'os. Un tas d'os apetissant, songea Sergueï en léchant sa lèvre inférieure. Il se rapprocha de son demi-frère, retenant un sourire amusé. Markov était tout aussi rachitique que l'humaine, et contrairement à lui, il refusait de se nourrir de trop. Sergueï était particulièrement gourmand, et déjà, il imaginait le goût de la jeune fille. Son sang sentait cette épice qu'ont les vierges, et cela électrisait ses sens.

« Elle a mordu sa dernière maîtresse, lorsque celle-ci lui a ordonné de s'agenouiller, et de lui baiser les pieds. Elle lui a arraché un orteil. »

Le visage du Hungry fut habité par l'ombre d'un sourire. Sergueï adorait les humains, et il avait une préférence pour les plus passionnés. Il s'avança, dépassant son frère, et il prit le visage de la jeune fille dans sa main. Il fut pris d'excitation, lorsqu'elle le foudroya, et le repoussa.

« Mille excuses ! S'exclama le dresseur.
— Ce n'est rien, fit Sergueï dans un sourire bienveillant.
— Commençons, décida Stanislav. »

Le dresseur approuva, puis il fondit sur la fille. Il l'attrapa par les cheveux, il la tira de toutes ses forces, et il lui attacha les bras. Elle portait un collier, plutôt joli, et qui se mariait bien à son cou. Un fouet à la main, il le fit claquer dans l'air pour l'impressionner. Mais la chienne réagit à peine, trop habituée à ce son. Sergueï releva le menton, et il admira le travail du dresseur. Plusieurs coups de fouet frôlèrent la jeune femme, sans la toucher, sans lécher sa peau. Toutefois, lorsqu'enfin le serpent de cuir claqua contre sa cuisse, elle poussa un gémissement de surprise. Il reprit ses cheveux, il la força à le regarder, et il saisit ensuite son sein qu'il exhiba devant eux, comme s'il prenait un morceau de viande du marché, et qu'il s'époumonait à en vanter la qualité. Markov tremblait, il reculait contre le mur ; Sergueï devinait qu'il hésitait à intervenir, mais la présence leur père clouait son insurrection sur place. Sergueï comprenait pourquoi on punissait les esclaves de la sorte, alors il ne ferma pas un instant les yeux, tandis que le dresseur lacérait la chair de la jeune fille. Lorsque tous ces nerfs furent dénudés, lorsqu'il ne resta de sa peau que des lambeaux, et de son visage, une terre dévastée et ensanglantée, il lâcha :

« Je vous en prie, elle est excellente. »

Sergueï fronça les sourcils, une ligne se forma sur son front. Il approuva, il se dirigea vers l'esclave, et mordit dans le bras qu'on lui tendait. Elle remua à peine.

Markov perdit sa mère le jour de la fête de la Conquête. Jamais je ne le vis dans un tel état, lui... si sensible fut dévasté. Il avait toujours été proche de sa mère, plus que de mon père d'ailleurs. Alors lorsqu'on retrouva son corps, mon frère sombra dans la folie. On ne sait pas trop ce qu'il s'est passé, elle n'est pas morte de maladie ; c'est un meurtre dont il s'agit, et je jure de faire justice. Elle avait la gorge tranchée, des bleus sur le visage, et le corps. La violence n'épargne pas la noblesse, et la garde n'a pas pu attraper le coupable. On lui a volé son sang, en grande quantité ; sans doute un malade, à moins que cela fût prémédité ? Je ne sais pas. Markov... mon cher petit frère ! Tu ne saurais jamais à quel point je me sentis faible, en cette seconde, où je te vis t'écrouler sur le corps de ta douce mère. Tu inondas son sang de tes larmes, tes sanglots éclatèrent dans la rue où nous l'avions retrouvée. Mon tendre frère... je me souviens de ta rage, lorsque j'ai posé mes mains sur tes épaules, afin de te détacher de cette atroce vision. Notre père était incapable de dire quelque chose. Markov sombra dans une profonde dépression, il n'a jamais eu un caractère fort. Son éducation a été plus tranquille que la mienne, il n'a pas été préparé à ce qui était arrivé. Je passais mon temps à soutenir un être inconsolable.
Mémoires de Sergueï Ivanovski, billet numéro 17.


Sergueï était posté devant son petit frère. Un verre dans la main, il lui souriait. Markov ne le regardait pas, refusant de voir de la tendresse dans cet oeil ocre. Le Hungry en avait conscience, et il s'était surpris au fil des années de ressentir réellement de l'affection pour cet être si faible. À la mort de sa mère, Stanislav lui avait ordonné de prendre soin de ce bout de lui, fragile et dépressif. Sergueï l'avait fait, sans conviction, jusqu'à comprendre que la peine que Markov ressentait était devenue la sienne. Il ne le prit jamais dans ses bras, il ne lui montra pas réellement cette affection ; un regard, et c'était tout ce qu'il s'autorisait. Si on apprenait qu'il faisait de la sensiblerie, on pourrait en profiter. En tuant sa belle-mère, on avait tenté d'atteindre son père ; Markov serait un moyen de plus. Alors Sergueï s'était mis à le protéger, observant les appartements qu'il occupait. Il s'assurait que son frère reste là, seul, éternellement seul. Et ça lui allait.

« J'espère qu'il te plait. »

Mais Aujourd'hui, c'était différent. Markov avait une vingtaine d'années, et il était encore un enfant ; il avait besoin de compagnie. Dans sa main, Sergueï tenait une laisse, elle menait vers un esclave de qualité. Il l'avait choisi spécialement pour lui, il s'était servi dans la Ferme, et il avait pris ce qu'il avait jugé de mieux. Un esclave au visage doux, aux sourcils fins, un éphèbe docile. Sergueï caressa du bout des doigts les cheveux blonds de sa nouvelle acquisition, et il offrit la laisse à Markov. Ce dernier affichait une expression qu'il ne lui avait jamais connue. Sergueï sourit, et il ajouta :

« Te voilà un compagnon, il n'obéira qu'à toi, et à toi seul. Prends en soin, il faut faire attention au bétail. »

Les paroles de Sergueï semblèrent le choquer, mais Markov ne dit rien. Il se contenta de prendre la laisse, et de murmurer un « pardon » au jeune humain. Sergueï était persuadé d'avoir fait une bonne action, c'était d'ailleurs le premier cadeau spontané qu'il faisait à quelqu'un. En songeant prendre un esclave pour son demi-frère, il avait parcouru la Ferme, jusqu'à se dire : « il sera parfait pour Markov », et c'était tombé sur ce joli garçon. Le rôle de cet esclave était aussi de surveiller son frère, et veiller à ce qu'il ne se suicide pas. Sergueï avait au fond de lui peur de cela, et il se réveillait parfois, persuadé que son frère s'était fracassé le crâne contre la fenêtre. Il observa le tableau étrange que formaient Markov, cet Hungry chétif, et son esclave. Il l'apprécia, puis il leur tourna le dos. Markov ne lui volerait jamais sa place, il n'avait pas sa force, ni sa carrure. Markov était faible, lui, Sergueï était fait pour dominer.

Je soupire en écrivant ces lignes. J'avais cru faire du bien à mon frère en lui offrant cet esclave. Très vite, et à ma grande surprise, Markov s'est attaché à lui. Il ne le quittait plus, au point où il sortait de ses appartements uniquement lorsque son esclave le devait. C'était comme s'il se nourrissait de sa présence, et qu'il en était devenu dépendant. Mais au moins, il paraissait aller mieux. Il reprenait des couleurs, il buvait le sang de son esclave, mais... je ne sais pas. Je ne pouvais pas le voir à l'époque, puisque je pensais que mon petit frère redevenait heureux, mais... en le connaissant, j'aurais dû le savoir. Markov continuait de pleurer en mon absence, je le constatais à ses yeux boursouflés et secs... j'étais persuadé que l'esclave lui voulait du bien, et qu'il était en mesure de le consoler. En tout, c'était ainsi que moi, je déversais ma frustration, et que je me déchargeais de mes peines. Ces ravissantes créatures sont là pour cela, c'est leur rôle d'accepter que mon épée les pourfende. Je ne sais pas ce qu'il se passait entre eux. Mais on disait que la mort de ma belle-mère était une jolie justice : après tout, ma famille était celle d'une traîtresse. Longtemps nous porterons ce fardeau. Parfois, nous retrouvions des lettres destinées à Markov, où l'on traitait mon père de monstre, sa mère de putain, et que moi, je finirais comme la traîtresse ; je tuerais notre roi. Un matin, je retrouvais mon petit frère mort dans son lit. Les draps blancs souillés de sang enveloppaient son cadavre. Je sus que le meurtrier était son esclave. Qui d'autre ?
Mémoires de Sergueï Ivanovski, billet numéro 19.


« C'était son ordre !
— MENTEUR ! »

Sergueï fracassa la mâchoire de l'esclave, il apprécia la douleur qu'il sentit dans ses phalanges. Furieux, il respirait comme un boeuf, et il tremblait. Il fixait l'esclave de son frère avec une haine qu'il ne dissimulait pas ; cela faisait un moment qu'il n'avait pas été lui-même. Ses cheveux blonds, presque blancs tombaient contre sa figure. Ils l'encadraient, et des mèches se collaient à ses lèvres épaisses, soulevées par moment lorsqu'il expirait. La colère emprisonnait sa raison, son coeur brûlant d'une abondante rage. Lorsqu'il avait vu le cadavre de son frère, il lui avait fallu quelques heures pour retrouver le meurtrier. Lorsque son père lui avait ordonné de mettre en cage, Sergueï s'était contenté de tirer la chose par la chemise, et de la tirer dans une salle de dressage. Il était enfermé depuis une heure avec le jeune homme. D'abord, il s'était montré impassible, mais peu à peu, sa patience s'était érodée. Il l'avait foutu à poils, il lui avait arraché des touffes de cheveux, et sa barbarie l'avait poussé à le griffer sur les bras. L'espace d'une minute, il songea à le tuer, et à déverser sa haine sur lui. Cela ne ramènerait jamais Markov ! Pourtant...

« C'était son ordre, chouina le jeune homme en tremblant. Je vous en prie... je n'ai fait qu'obéir.
— Tu as profité de sa faiblesse pour le tuer. »

La voix de Sergueï retentit comme le tonnerre. Lui-même s'étonna de sa profondeur ; longtemps, il avait joué le rôle du fils fort, portant les mêmes vêtements que son père, se comportant comme lui. Il avait aimé Markov dès qu'il s'était aperçu de sa gentillesse, dès qu'il l'avait entendu mentir à sa mère pour le sauver de son propre crime. Alors qu'il avait tenté de le tuer, dévoré par la jalousie, et qu'il s'était mis à l'aimer, il le perdait. Assis sur une chaise, les coudes sur les genoux, et les mains jointes sur sa bouche, Sergueï se demandait comment rendre la mort de l'esclave la plus douloureuse possible. Il grinça des dents, il se redressa, et il le frappa d'un coup de genoux dans les côtes. Il plaqua alors ses doigts autour de sa gorge, et il serra de toutes ses forces. Il n'était plus le Maître.

« Arrête. »

Sergueï ne jeta aucun regard à son père. Stanislav se tenait à quelques mètres de lui, il était parvenu à ouvrir la porte. Sergueï restait le regard rivé sur l'humain, tandis que ce dernier perdait des couleurs. Il agitait ses mains autour de lui, alors qu'il raffermissait sa prise. Son père l'attrapa par les épaules, il tenta de rompre l'emprise de Sergueï, mais Sergueï le repoussa. Son père grogna alors, il attrapa son fils par la nuque, et il le frappa.

« On ne tue pas d'humains ! Pas de la sorte ! Quand tu seras roi...
— C'est... c'est lui qui m'a ordonné de le faire... il ne voulait plus...
— Quand tu seras roi, reprit Stanisflav, jamais tu ne devras te comporter de la sorte.
— Markov est mort. »
Son père le lâcha, Sergueï ne pleurait pas. Sa voix s'était brisée, et il se taisait à présent.

Je suis né pour gouverner.
C'est aussi simple que cela. Je suis un masque, je suis un hypocrite, mais je sais que mon rôle est de devenir le Maître de ce monde. Je ne suis pas comme tous les autres Hungrys, je sens que c'est mon destin. Je dois prendre soin de ce peuple farouche, lui apprendre à se comporter, comme je le fais avec les humains. Ma famille n'a jamais pu approcher le pouvoir, je vais réparer cela. Qu'importe mes adversaires, je les écraserais tous, un par un. Des fourmis ! Voilà ce qu'ils sont ! Mon père est trop vieux, je dois profiter de cela, et l'écarter lui aussi. Je vais devenir roi. Je vais devenir le Roi.
Mémoires de Sergueï Ivanovski, pièce abandonnée.


« Une bien triste nouvelle que celle de la mort de votre frère, Sergueï. »

On n'avait pas besoin de lui lire, il était au courant. Sergueï n'avait qu'à fermer les yeux pour se souvenir de cet instant, où il l'avait retrouvé raide dans son lit. La gorge ouverte, comme si on avait enfoncé la lame d'un couteau dans un morceau de viande tendre, et son sang. Une mer de sang sur une terre immaculée. Le noble dans son dos buvait un verre, un « ami » de la famille. Sergueï ne supportait pas les autres Hungrys, il méprisait cette noblesse vaniteuse et pervertie. Tout se jouait sur l'apparence. Et il devait participer à cette diablerie absurde. Il lécha sa lèvre inférieure.

« En effet, répondit-il simplement. »

Le vieil Hungry eut un sourire. Il se rapprocha, il fixa alors Sergueï, et Sergueï ne baissa pas une seconde son regard. En prenant de l'âge, il avait appris à fixer droit dans les yeux ces petites créatures immondes. Il le dépassait d'une tête, il portait à sa hanche l'épée de son père, symbole de leur famille. Il releva le menton, un vague sourire illumina sa face de craie. L'autre soupira, puis il lança :

« Votre famille paye le crime de la traîtresse, ajouta-t-il. Cela vous poursuivra toujours. Vous n'accéderez jamais au pouvoir, peut-être que votre sang comporte ce bout de trahison, de rébellion, qui l'a poussé à achever sa propre reine ? »

Sergueï ferma le poing. Chaque mot que le noble déblatérait était une véritable lame qu'on enfonçait dans son coeur, il était à deux doigts de le frapper, jusqu'à le réduire en pulpe. Mais il ne devait pas craquer, il devait rester calme ; c'était ainsi qu'il allait gagner.

« Ce ne sont que des mensonges...
— Vraiment ? Nous avons des preuves.
— Des mensonges, répéta Sergueï. »

Le Hungry se répétait cela en boucle depuis sa naissance, se persuadant que ceci n'était qu'un complot contre sa famille. Ils dirigeaient la Ferme, ils fournissaient la société en nourriture, serviteurs, et ils dominaient cette partie infime du pouvoir Hungry. On voulait l'écarter du pouvoir, parce que l'ombre de Sergueï Ivanivski s'étendait sur ce dernier ; il était prêt à étendre ses griffes, et à le saisir. Il remua les épaules, la tension parcourra ses muscles. Son père l'avait créée pour ce rôle, il refusait qu'on le remette en question ! Sergueï pivota vers le noble ; tous les deux s'affrontaient dans un duel de regards, et de sous-entendus. Sergueï était sur le point de perdre, mais il refusait d'être un perdant. Il avait été bâti pour gagner. Il eut un sourire, il pencha la tête sur le côté, et sur un ton bienveillant, il répondit :
« Libre à vous de croire des rumeurs colportées par quelques misérables jaloux. Personne ne m'écartera du pouvoir. »

Je suis né pour gouverner.

Avec le poids que je porte sur les épaules, pour l'honneur de famille, il est tout naturel que je me suis présenté en tant que futur roi. Ce n'est pas simple de rallier les foules, il existe une infinité de gens différents, des êtres complexes et paradoxaux. Cependant, j'ai su me faire un nom, une personnalité. Je n'étais pas le fils Ivanovski, j'étais Sergueï Ivanovski. Des rumeurs courent derrière moi, on dit par exemple que je suis capable de tuer quelqu'un d'un simple regard. Haha ! Comme si cela était possible, voyons ! Les gens aiment parler, ils préfèrent avant tout les ragots. Je n'ai jamais porté de haine pour les humains, j'en ai toujours pris soin. J'ai assez de sang-froid pour dresser ma colère, même lorsque j'ai trouvé l'esclave ayant tué mon frère. J'ai ravalé ma peine, et j'ai laissé la justice faire son oeuvre. Ainsi, j'apparais en Hungry censé, calme, mais bienveillant. La survie de notre race est dépendante de celle des humains. Les rebelles sont des enfants désobéissants, mais ils ne le sont pas pour rien. Peut-être qu'ils veulent vaincre leurs parents, leurs maîtres et se prouver quelque chose, ou bien ils ont une véritable volonté de nous anéantir. Je veux sauvegarder notre espèce, je veux l'améliorer.

Souvent, j'ai été jugé comme un être intelligent, et charismatique ; des qualités fortes, mais qui ne sont pas différentes de celles des autres Hungry. Je me suis imposé, j'ai montré ma force ; ma voix gronde, s'étend dans les poitrines, et s'éteint dans un murmure. Malgré le passé de ma famille, j'ai su charmer les foules. Je voulais laver mon honneur, et devenir roi était un premier pas. Mais on me rappela cette traîtresse, inlassablement, alors je décidai de faire un procès. À chaque discours, je visais mes adversaires, et je dévoilais leurs bassesses. J'avais peut-être une traîtresse au sein de ma famille, mais j'étais actuellement le plus digne de devenir le roi. Je suis ouvert à tout, et vite, je me suis aperçu que ma voix avait une certaine emprise sur les autres. Ce n'est pas un charme, elle force le respect, elle s'impose. On prend plaisir à l'entendre, ainsi qu'à m'écouter discourir. Mon père m'a appris les fondements de la rhétorique, comment émouvoir, comment inciter les gens à croire en ma verve ; je sais argumenter. De plus, je suis déterminé, volontaire, et plusieurs fois, la noblesse a salué cette qualité. Pour les Hungrys, je souléverais des montagnes. Tout portait à croire que je serais le roi, j'en avais l'envergure.

Jusqu'à ce qu'on élise un excentrique à ma place. Je connais peu Desya Vassilly, mais je sais que lui et moi sommes l'ombre, et la lumière. Je ne préfère pas susciter le rire, je préfère imposer par mon aura. Ce fut avec une certaine surprise que je le vis devenir roi à ma place. Tout laissait présager que je serais élu. C'était tout bonnement impossible ! Mes proches, dont mon père ont soupçonnés des tricheries. Nous avons finement notre enquête, nous avons convoqué plusieurs fois les nobles, et nous nous sommes rendu compte que ceux prétendant avoir voté pour moi avaient leurs voix dirigées vers Desya. On avait triché en faveur de cet excentrique, et on recommença les votes. Il fallut le temps, mais on me reconnut alors comme étant le roi légitime. La Reine, Aeltiha Rainfall fut toutefois réelue, montrant à tous qu'elle était adorée et faîte pour ce rôle. Cependant, durant un an, je me suis efforcé de reprendre ma campagne, poussé par la révolte : on m'avait fait là une grande injustice ! J'ai découvert que c'était un adversaire de ma famille le responsable, et nous avons fait justice. Desya a été écarté du pouvoir, et j'ai pris sa place, elle me revenait depuis toujours.
Sergueï Ivanovski, un nom qui résonne, comme le grondement du tonnerre.
Mémoires de Sergueï Ivanovski, billet numéro 30.


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MessageSujet: Re: Sergueï Ivanovski [Un jour, je serais le Maître de ce monde]   Jeu 4 Juin - 13:58

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Reine d'Hellena

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Localisation : Quelque part dans le palais.

Te voici Hungry !
Comme toujours, il est très agréable de te lire... Etant donné que nous t'avons donné nos corrections avant que tu postes tout est bon pour nous.

Félicitation ! Te voilà validé !
Il te reste quelques formalités avant de pouvoir rp, tout d'abord, il faut aller recenser ton avatar.
Une fois ceci fait, tu peux aller faire une demande de rp ou une faire une demande d'humain, et regarder les demandes de maître déjà existantes.
Si tu le désir, tu peux aussi ouvrir un journal et faire une demande d'habitation.

Je me charge de te donner ta couleur, ton rang et de ranger ta fiche. Bon rp parmi nous !

Aelitha
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Sergueï Ivanovski [Un jour, je serais le Maître de ce monde]

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