Serez-vous soumis à la Nouvelle Race ou serez-vous l'un des leurs ?
 

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 Le Cas Reinefield

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MessageSujet: Le Cas Reinefield   Dim 15 Mar - 13:05

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Chasseur de rebelle

© crédit : Alucard - Hellsing
Doubles-Comptes : Failure - Sergueï Ivanovski
Fiche : Le Cas Reinefield
Journal : Notes diverses
Sexe du personnage : Masculin
Messages : 95
Date d'inscription : 15/03/2015
Age : 25
Localisation : Caché dans mon grenier.

Friederich Reinefield
Nom:
Reinefield.
Prénom:
Friederich.
Âge:
99 ans.
Âge d'apparence:
La trentaine.
Sexe:
Masculin.
Sexualité:
J'aime abîmer les jolies choses.
Groupe sanguin:
A+
Race:
Hungry.
Métier:
Chasseur, et plus spécifiquement de rebelles.
Allégeance:
Officielment, le Couple Royal.
FeatAlucardϿHellsing

Où est-ce que tu la vois ma plastique de rêve ?


Il parait que ma mère trouvait que dans sa fratrie de quatre enfants, j'étais le moins beau. J'ai grandi avec ça sur la conscience, mais j'avoue qu'après ma jeunesse, je m'en suis foutu. Je ne porte pratiquement aucune attention à mon apparence. J'ai les cheveux noirs en broussaille que je démêle rarement par lassitude (et ça fait mal), le regard sombre et tiré en amende. J'ai la figure cernée et émaciée, j'ai les lèvres fines et sèches. De loin, on pourrait me prendre pour un grand squelette à la chevelure noire. Je me déplace d'un pas ferme et rapide, mes longues jambes se pliant sous mon rythme. Je suis noueux, maigre, et maladif. Prendre soin de moi me cause un tel ennui que je porte les mêmes vêtements depuis... on s'en fout. Ils sont vieux, ils puent l'humidité, et ils ont été plusieurs fois recousus par mes soins, mais mal ; je ne suis pas très habile de mes mains « pour les choses communes ». Elles sont d'ailleurs grandes et carrées, avec de longs doigts rachitiques ; elles ont plusieurs marques, signe de mon manque d'attention, et de ma manie de jouer avec les objets tranchants. Ma peau n'a rien de lisse, sur mes mains — encore une fois —, elle est particulièrement sèche. Je me ronge régulièrement les ongles, et tout ce qu'il y a autour. J'aurais pu avoir de belles mains, si j'avais écouté ma mère, et si j'en avais pris soin.
Les lèvres minces, je les mordille souvent, à cause de la faim épouvantable qui me tiraille constamment le ventre. Si on a le loisir de s'approcher assez près de moi, on peut remarquer que là aussi, j'ai une cicatrice ; il m'arrive de mordre si fort ma lèvre supérieure qu'elle se met à saigner, et je m'abreuve alors de moi-même. J'ai le visage anguleux, le menton pointu, et les oreilles légèrement décollées. J'ai le cou long, et les épaules tordues. Je n'arrive jamais à me tenir droit, alors ma taille est tronquée ; je suis très grand. Lorsque je parviens à me tenir droit — au prix d'efforts pénibles —, j'impressionne et me colle une aura sinistre. Plusieurs marques zèbrent mes jambes et mon dos, comme je ne me soucie plus de mon apparence, je n'ai aucune crainte à me blesser. Je suis du genre à foncer, coûte que coûte sur mon objectif, quitte à sacrifier un bras pour ça. Je ne suis pas beau, et pas réellement charismatique ; j'ai l'air d'un épouvantail fagoté dans des habits crasseux et humides. La seule chose dont je prends soin, c'est de ma paire de bottes haute à lacets, elles sont en cuir, et vu le prix qu'elles m'ont coûté, je préfère les garder avec moi dans ma future tombe.


J'ai le cerveau moisi.


Je suis quoi ? Pour faire simple, je suis plutôt émotif.
Je tire souvent la gueule, mais lorsqu'une émotion éclot dans ma poitrine, elle se répand sur ma face blême comme une épidémie de peste. Mes sourcils se froncent, ma bouche se tord dans une grimace contrariée, et j'ai l'apparence du type sur le point de tuer quelqu'un. Je suis borné, et j'en fais souvent à ma tête ; je déteste être contrarié. Il m'arrive sur un simple coup de colère de briser ce qu'il se trouve sur mon chemin, dernièrement, ce fut le vase auquel ma mère tenait le plus. Mais comme elle est morte, elle ne pourra pas trop se plaindre. Je suis donc colérique, et je n'ai pas une patience illimitée. Il vaut mieux rester placide avec moi, choisir les bons mots, sinon ma main se retrouvera sur votre nuque. J'aime faire mal, c'est plus ou moins dans ma nature en tant qu'être supérieur ; j'aime faire mal, j'aime entendre les humains crier et pleurer. S'ils me supplient, c'est encore mieux ! Toutefois, je n'ai pas une conception profonde de la moralité, il ne faudra pas s'attendre de ma part à des épanchements de compassion ou de culpabilité. Je fais mal, parce que ça me permet de me sentir vivant.

Je n'aime pas être en contact avec les autres, je les ai toujours rejetés... à moins que ce soit eux ? À une époque, je pouvais me sentir triste, coupé de ce monde radieux, mais désormais... j'en suis plutôt satisfait. Personne ne peut me comprendre. On m'a souvent qualifié de handicapé social, je crois que c'est un peu vrai. Je ne me mêle pas aux autres par dégoût de ma race, mais parce qu'ils m'ennuient. Ils ont des conversations barbantes, et ils me jugent du coin de l'oeil en permanence : moi qui ne suis pas beau ; je ne suis pas comme eux. Toutefois, il y a une chose dont j'ai envie depuis des années, c'est de goûter au sang d'un autre. Il m'est arrivé dans mes moments de folie de me mordre moi, et goûter à mon propre sang, mais je me demande quel goût a un autre... je sais que le sang des Humains sera toujours bon et nécessaire à ma survie, mais je suis curieux, simplement. J'aime le sang. Ma soif est profonde, éternelle, et ça me rend complètement dingue. Qu'importe si j'égorge un humain pour m'abreuver de lui, j'aurais toujours cette soif bien présente en moi. D'une certaine façon, j'y suis dépendant. C'est une drogue comme une autre ; pour d'autres, ce sera le chocolat ou le sexe, pour moi, ce sera le sang. Et ça se couple trop parfaitement à mes envies de violence. Je vis pour faire mal, et je ressens dans ces moments un sentiment d'extase, puis arrive une sérénité complète. Je suis un être pourri, je le sais, et alors ? Je vis en harmonie avec moi-même. Et je fais correctement mon métier, même si parfois... j'ai eu quelques débordements. Je suis un chien de chasse, un prédateur affamé.

Voici Reinefield le chasseur, il arrive, il sème la peur.



Vous savez ce qui est le pire lorsque vous êtes dans une famille de quatre enfants ? Être le deuxième. Ça a été ma malédiction. Et encore, si j'avais pu rester le deuxième pour tout, ça aurait pu aller, mais non ; je n'ai jamais été ce que mes parents attendaient de moi. Mon frère aîné correspondait à tout ce qu'ils voulaient, il était beau et charismatique, vif d'esprit et responsable. Je suis venu dix ans après lui, au moment où on s'émerveillait de la moindre de ses actions : comme faire des dessins horribles que ma mère prenait pour des chefs-d'oeuvre. Naturellement, ils s'attendaient à autant de réussite de ma part. Dix ans plus tard, ma soeur cadette vint au monde ; sans doute pour remplacer la déception que j'incarnais. C'est une jolie fille, pleine de vie, et sociable, tout ce que je ne serais jamais. Mais c'était une fille, ça ne suffisait pas à soigner la tare que je représentais au sein de cette famille. J'ai eu un autre frère, ressemblant au premier, mais plus docile. J'étais le fils de prolétaires, vous voyez le tableau ? Et comme j'étais le deuxième, le moins beau, le moins utile, mon père voulut me faire reprendre l'affaire familiale : l'épicerie au coin de la rue. On en a tous besoin un jour, et ça devait être mon rôle de servir tout ce beau monde vaniteux.

À la maison, c'était moi qui m'occupais de tout : « parce que tu vois, tes frères et ta soeur ont tellement de choses à faire, hihi... » cela voulait dire qu'à eux, on leur donnait l'occasion de devenir quelqu'un. Appliqué, mon frère aîné avait de grandes idées, et comptait se faire une place en société. Moi, j'avais un peu de mal à lire, et je ne me suis jamais intéressé à la littérature. C'est pour ça que l'image du poète maudit ne peut pas me coller, la lecture, ça me gonfle. Parce que lui adorait ça, et qu'il se jetait corps et âme dans la littérature ancienne ; il avait des airs naturellement intellectuels, pas moi. Plusieurs fois, alors qu'on me comparait à lui « parce que ton frère aîné est si avenant, et si intelligent, pourquoi ne lis-tu pas un peu toi aussi ? », je m'imaginais lui péter le nez avec l'un de ses livres. Je rêvais de le frapper, encore et encore, jusqu'à entendre l'os craquer, et le sang s'effondrer de ses narines en flot impétueux. Quand il s'en alla de la maison pour se retrouver apprenti chez une sorte de vieux philosophe, je ne pus le remplacer. À mon plus jeune frère, on donnait tout un tas de responsabilités, et à moi, on se contentait d'attendre l'obéissance. Je n'avais pas aidé à cela, puisque je n'étais pas doué de mes mains, je n'étais pas doué du tout. Je grandis vite, ma taille, c'est la seule chose avec laquelle je surpassais mes frères. J'étais grand, trop grand, ma mère en riant s'exclamait souvent que je « prenais un peu trop de place », alors il m'arrivait souvent de faire tomber des objets ou de me cogner la tête.

Je ne sais pas si ma mère m'aimait vraiment, ou si elle supportait avec abnégation la grosse tache noire que j'étais sur son tableau parfait. Tandis que ma soeur se transformait en beauté, je devenais plus maigre et plus trapu, désolant mes parents davantage. Je faisais semblant d'obéir, tentant de trouver le meilleur moyen de m'enfuir un jour de cet endroit. Ma maladresse était quelquefois forcée, et ils découvrirent que je ne serais jamais comme eux. Il y avait des choses bizarres que j'aimais faire, comme écraser les fourmis avec mon pouce sur le rebord de la fenêtre ; ma soeur trouvait ça dégueulasse, et ça énervait ma mère parce que je « salissais ». Ainsi, je pouvais obtenir un peu de son attention, même si ce comportement la répugnait.

C'était si simple... tuer ces petites choses, sans qu'elles puissent se défendre, je ressentais du plaisir à détruire ces vies minuscules d'une simple pression du doigt. Parfois, je partais chercher des insectes, et je les ramenais pour les tuer à la maison. J'ai fait plusieurs fois hurler ma mère de rage à cause de ça, parce que je m'amusais à les écrabouiller avec un marteau, et j'en planquais dans les conserves. Il n'y avait pas de réelles raisons à ça, je le faisais pour passer le temps ; quand ma mère le découvrait, elle se mettait en colère. Au bout d'un moment, ça la lassa ; elle arrêta de me faire des remarques, ou de m'assommer de reproches, elle commença à m'ignorer. Et voilà... j'avais réussi à briser de mes propres mains ma relation avec les autres, conscient que je ne serais jamais assez bien pour elle. Au fond de moi, j'étais triste de ne pas leur convenir. Par moment, je me demandais si j'étais le fils de mon père, si ma mère n'avait pas commis une erreur de jeunesse dont j'étais le fruit. Elle me regardait avec un tel dédain que je m'en persuadais ; tous ces enfants étaient beaux, à l'exception de moi. Ils étaient parfaits, malgré leur rang social inférieur. Ils aimaient le travail et l'étude, moi j'appréciais l'oisiveté. Se laisser aller à la rêverie, penser et réfléchir, me rendre malheureux à cause de ça. Ma soeur fut la seule personne dans ma famille à me donner de l'attention, elle osait entrer dans le grenier que j'avais finis par occuper. C'était une jolie jeune femme blonde, au regard bleu, et à la figure ovale ; elle ressemblait aux princesses des contes de fées. Blanche, elle avait les lèvres rouges. Elle aimait discuter avec moi ; elle faisait la conversation, et je l'écoutais un peu.

« Ah... Friederich, si seulement tu souriais un peu plus, tu pourrais te trouver une jolie compagne. »

Haussement d'épaules. Il m'arrivait de sourire, lorsque j'aplatissais les insectes. Elle posa ses doigts sur les coins de mes lèvres, et me façonna un sourire. Le résultat lui déplut, elle grimaça. Ce n'était pas un sourire de ma part, c'était un rictus pitoyable. C'était ça mon véritable visage : un rictus mélancolique, ressemblant à la bouche d'un masque défiguré. Elle soupira, mais elle retint pour elle-même les remarques. Ma soeur était douce, en grandissant, elle avait eu les formes pleines, et la taille fine. Je la désirais. Combien de fois m'étais-je imaginé passer mes mains dans sa chevelure de soie dorée ? En vieillissant, en devenant intellectuelle, elle s'éloigna de moi. Le peu de complicité que j'avais possédé avec autrui se perdit dans ses rêves de grandeur. Elle se trouva un époux, séduisant et doux qui prit soin d'elle ; elle s'éloigna de moi pour toujours, sans que je prenne le soin de la récupérer. Elle appartenait à un autre. Je sombrais alors dans une profonde tristesse, plus rien n'avait de goût, pas même mes petits jeux de destruction. Ma vie allait se résumer à l'épicerie de mes parents, tandis que mes frères prenaient place dans cette société, s'élevant au-dessus de ma carcasse.

« Que va-t-on faire de lui ? »

Et encore une fois, je déçus mes parents. J'avais de la peine à compter, et mon ennui pour le commerce se fit vite sentir. Si j'étais incapable de reprendre l'épicerie, je ne servirais à rien. Je suis le genre de type à faire pleurer sa propre mère, plusieurs fois mon père la retrouva en larmes par ma faute. Parce que je n'étais pas assez bien, j'étais « que » moi.

En effet, je parle peu de mon père ; ma mère eut un plus fort impact dans mes choix et mon existence. Mon père était un être invisible en réalité, il ne faisait que se plier aux choix de ma mère, et il lui obéissait. Il était bon et généreux, je ne me suis pas donné l'occasion de véritablement le connaître. Lorsque ma soeur fut emportée par son époux, il perdit la personne avec qui il avait le plus de complicité au sein de cette famille. Quand il m'a vu enfant, il a pris soin de moi, et quand il constata le désastre que j'étais devenu en grandissant, il s'était éloigné. Il comprenait mieux que le reste mon désir de solitude, mais ne me témoigna pas plus d'attention. Au fond de moi, cet isolement forcé me rendait profondément triste ; moi aussi, je désirais appartenir à leur monde. Par maladresse en quelque sorte, j'étais devenu le paria de ma famille. Quelques fois, je devinais que ma mère m'aurait volontiers jeté dehors, mais l'éthique le lui empêchait : que dirait la société, si le fils Reinefield devenait un vagabond ? Déjà qu'il y ressemblait tant ! Ah oui... un autre point qui a son importance, je vivais la plupart du temps dans le grenier, situé au-dessus de l'épicerie. Ma mère avait trouvé cette excuse pour se débarrasser de moi : « il faut que quelqu'un surveille notre chère boutique, tu es grand et fort, tu es parfait pour ce rôle ! ». D'ailleurs, c'est la seule fois où sa bouche me qualifia de parfait. À vingt ans, je ne foutais rien de ma vie. Avec une certaine morosité, je me plongeais dans la solitude, et je m'occupais de l'épicerie jusqu'au moment où ça me lassa.

« Je veux devenir chasseur. »

Si j'étais grand et fort, je pouvais me le permettre. La nouvelle tomba dans l'oreille d'un sourd ; ma mère m'ignora d'abord, mon père seul prit en considération mon choix. Pourquoi chasseur ? À force de réfléchir, à force de tuer les insectes tombant sous ma main, je m'étais finalement dit que cela me conviendrait. Si je chassais les rebelles, mon droit deviendrait de les blesser, voir même les tuer. Ainsi ma soif de sang serait utile à cette société, et même si je faisais un sale boulot, on ne m'en voudrait pas. Je répétai cela plusieurs fois « je veux devenir chasseur », jusqu'à ce que ma mère entende ma voix tonner, elle fit trembler les murs. C'était la première fois que je me mis à crier sur elle, et ça la choqua profondément. Malgré mon caractère, je montrais un signe de rébellion ; il était temps que je me casse d'ici. En souriant, elle me lança :

« Mais chéri, où est-ce qu'on trouvera l'argent ? Et l'épicerie...
— J'en ai rien à foutre. »
Franchement, ma vie était déjà assez chiante pour que je devienne leur esclave.

Ce fut la seule et réelle confrontation que j'eus avec mes parents. Mon père observa la scène, se confortant dans son rôle de spectateur anonyme. Ma mère m'affronta avec sa voix criarde, elle retint certains reproches, et m'en cracha d'autres : à quoi je pensais ? Qu'est-ce qui n'allait pas chez moi ? Après toutes ces années d'hypocrisie, et même si elle se retenait, elle parvenait enfin à dévoiler sa véritable nature. Elle ne m'aimait pas, ce que j'avais toujours su, mais ici... elle me le montra. Mon père tenta de la raisonner alors, il mit en avant que si je voulais devenir chasseur, elle n'avait pas à s'y opposer. Je serais utile pour tout le monde, et je trouverais de quoi me dépenser. Ma mère ne croyait pas simplement en moi, selon elle, j'échouerais. Lorsque je l'entendis, mes oreilles sifflèrent, et mon poing s'écrasa sur la table. Mes os s'enflammèrent de douleur, ma main tremblait, mais ma mère vit que toute cette violence était dirigée vers elle. Sans doute de crainte, elle quitta la pièce en marmonnant que j'étais un être indigne. Je restais seul avec mon père dans un silence gêné. Il n'osait pas me regarder dans les yeux, tandis que je le jugeais, inquisiteur. J'étais en droit de décider de ma propre vie. Lorsque ma mère se calma, quelques jours après, elle m'autorisa à entrer en formation sous l'enseignement d'un maître, mais à une seule condition : si j'échouais, je n'aurais plus le droit de me rebeller. J'acceptais. Son avis m'importait peu désormais, qu'elle m'aime ou me haïsse n'était rien. Elle m'avait montré son vrai visage, et j'avais mis à nu ma nature violente. Elle avait dormi si longtemps dans mes entrailles !

Mais comme tu t'en doutes, toi, locuteur anonyme, ça ne se passa pas bien.
On me nomma vite « le Cas Reinefield » parmi les autres élèves du Maître, car j'ai malheureusement eu quelques débordements. Les autres m'ennuient, je n'ai jamais rien fait pour lutter contre ça ; je leur fais savoir que leur présence m'exaspère. J'ai mauvais caractère, c'est comme ça que je les éloigne, mais le Cas Reinefield attirait l'attention. On nota tous mes comportements bizarres, ma manie à ronger mes ongles quand je suis épuisé, mon silence lorsqu'on me posait des questions. De plus, on remarqua ma mauvaise habitude de suivre les femmes me plaisant. Je les traque, les observant dans leurs moments d'inattentions. Il y en avait une à laquelle je m'attachais sans lui parler, elle était blonde avec des yeux bleus. Elle ressemblait à ma soeur, elle avait juste les cheveux courts et moins de formes. Elle était très jolie, et froide de caractère, ce que j'appréciais. Je la pistais, sans oser me manifester, j'avais du plaisir à l'observer. Les autres s'en rendirent compte, et un jour, alors que j'attendais simplement que le temps passe, le regard dans le vide, je me fis accoster par mes « compagnons ». J'apprenais tout juste à maitriser ma force.

« Alors Reinefield, on ne suit pas les femmes aujourd'hui ? »

Qu'on le sache ne me gênait pas tant que ça, je n'avais pas honte de ce comportement. Je n'arrive pas à suivre les règles, j'ai grande peine à m'y adapter ; je sais que c'est « mal » de suivre une femme, me fondre comme une ombre afin de l'épier. Je sais que c'est « mal », parce que je l'ai entendu, rien de plus. Moi, je me dis que ce n'est rien, et que si cela la dérangeait, elle n'avait qu'à m'en faire part ; je n'arrêterais pas. Je haussai les épaules, la présence de mes quatre « compagnons » me fatiguait juste. Ça faisait trop de monde à regarder, trop de voix à écouter. Ennuyeux.

« Tu es muet, Reinefield ? »

Je levai alors mes yeux sur celui qui s'adressait à moi. Il me paraissait faible et minuscule en comparaison, mais il avait un beau visage. Les trois autres m'encadraient ; j'étais assis sur les marches d'un escalier, épuisé des longues journées que je subissais, j'apprenais à être un bon chien de chasse. Il était planté devant moi, un autre s'était assis sur une marche au-dessus, tandis que les deux derniers se trouvaient derrière moi et à ma droite, près de la rampe.

« On te parle. »

Intervint celui dans mon dos. Je n'aimais pas d'ailleurs sa position, j'avais la sensation qu'il attendait une seconde d'inattention pour me poignarder. Je soupirai en réponse, la paresse m'empêchait de répondre, et j'avais envie d'être seul. Lorsque je commençai à me relever, on m'obligea à me rasseoir. Ma lente respiration se fit plus sonore, je fermai les poings.

« Tu lui fais peur, à cette pauvre fille.
— Et alors ? »

Ma voix était rauque et caverneuse. Elle n'avait pas l'air d'avoir si peur de moi. Elle le cachait bien, mais ici... tout le monde porte un masque ; je n'arrive pas à comprendre ce qu'il y a derrière. On peut facilement me mentir, ainsi.

« Si je te revois t'approcher encore d'elle, je te le ferais regretter.
— Je me fous de ce que tu penses, fis-je en me raclant la gorge. »

Il serra les dents, il sembla jurer, et il m'attrapa par le col de ma chemise. Mon regard blasé croisa le sien, il était sans doute amoureux de cette fille. Je posai mes doigts sur sa main, et je la forçai à se retirer d'une pression forte.

« Arrête, m'ordonna celui à ma droite. »

La seconde où je tournai la tête en sa direction, je sentis une main frapper l'arrière de mon crâne. Mes muscles se raidirent aussitôt. Je ne pus contrôler le raz-de-marée de haine qui me submergea, et avant qu'on réagisse, je pris ce petit con par la gorge, et je lui enfonçai mon poing dans la mâchoire. Je ne faisais que me défendre ! Je serrais la mâchoire, je pris plaisir à le voir s'écrouler à mes pieds, et le bleu marquer sa joue. Si je l'avais voulu — et cette idée caressa mon esprit —, je l'aurais tué. Le silence. On me regarda, étonné, on n'aida pas ma proie à se relever ; on attendait que j'agisse à nouveau. Finalement, on me prit par les épaules, on commença à remonter le col de ma chemise, et à épousseter mes épaules comme si elles étaient pleines de poussière.

« Reinefield... quand est-ce que tu comprendras où est ta place ? »

Dans tes entrailles, pensais-je. L'autre se rétablit de lui-même, une main sur sa mâchoire endolorie. Ils se rapprochèrent, leur souffle perçait mes oreilles ; leurs regards me déchiraient la peau. Je ne comprenais pas cette société, je ne la comprendrais jamais. On me poussa, je manquai de tomber en arrière, je me retins à la rambarde de l'escalier. Le plus terrible dans ce genre d'agression, c'est qu'elles ont un caractère banal. Ça arrive... comme ça, avec des airs de normalités ; avec ma tronche, ce n'était pas étonnant. J'étais méprisé par tous, considéré comme un paria, et on me pensait faible, car silencieux. Mais cette fois-ci, je leur prouvais le contraire. Je suis plus grand, c'est difficile de m'arrêter, la rage embrouillait mon cerveau ; c'était ça le plus dangereux. Mon poing s'est planté dans les côtes de ce petit con arrogant, j'ai continué jusqu'à ce qu'on vienne me repousser. On me fit tomber contre les marches, mais je me redressai vivement. Ils furent étonnés de la vivacité de mes mouvements, de ma pupille haineuse, et du sourire qui orna mes lèvres à l'instant où je sautai à la gorge de leur « chef ». On parvint à m'arrêter, ça fit tant de bruit que notre maître arriva. Il fallut quatre personnes pour me maîtriser, je me débattais comme un fou, l'appétit ouvert pour ce type que je voulais transformer en ma proie.

Évidemment, j'étais le sale type dangereux qui s'en était pris à eux sans raison ; je ne tentais pas de me défendre, tellement cette histoire m'avait blasé. Pour parler simplement, j'ai pris chère ; j'ai subi de longs sermons, et je me suis fait punir. Pendant l'espace d'un moment, on a hésité à me renvoyer ; si j'avais agi de la sorte une fois, je pouvais recommencer. Toutefois, on apprit de la bouche d'une jeune femme que j'étais en réalité la victime, et non pas le coupable. Elle rapporta ce qu'elle avait vu ; on peina à la croire, et finalement, le maître me demanda de confirmer ou non ce qu'on avait raconté. J'ai approuvé. Les quatre autres n'ont pas été punis, eux, mais je ne perdis pas cette formation. On m'avertit de ne plus jamais recommencer, et mon maître m'ordonna de parler, si jamais ils recommençaient. Lui comme moi savait qu'ils n'auraient pas eu une chance, si je m'étais laissé entraîner par la barbarie.

Depuis ce jour, on évita de me chercher à nouveau ; ça avait servi de leçon. On me parla encore moins, on évita de croiser ma route, et on s'éloignait dès qu'on m'apercevait au bout du couloir. Cela m'allait parfaitement, je n'avais plus de soucis, j'étais à nouveau dans ma solitude si confortable. Je compris l'écart qu'il y aurait toujours entre moi et les autres. Ma nature faisait que je ne serais jamais aimé, tant pis. Je continuais ma formation, avec plus de soin et d'attention qu'auparavant ; je n'avais pas le droit à l'erreur, et puis... ça me plaisait. J'ai appris des choses passionnantes, comment se dissimuler dans les ombres pour ne pas se faire remarquer, ou encore comment tuer un homme d'un seul mouvement du bras. J'avais hâte de mettre tout cela en application. J'avais hâte de tuer. La soif de sang me brûlait la gorge.

Si tu te poses la question, toi lecteur invisible de ma minable existence, oui... j'ai connus des femmes. Même s'il m'était difficile d'approcher l'autre sexe à cause de ma maladresse, et de ma difficulté à m'exprimer avec les autres, j'en ai connus. Celle pour qui j'ai agressé mes quatre « compagnons » est un exemple. Elle s'appelait Hortense. Je t'ai dit qu'elle était froide et sévère ? Elle avait ce côté inaccessible qui la rendait séduisante, mais ça te surprendra sûrement ; ce n'est pas moi qui suis allé vers elle. Je l'ai un jour trouvé dans l'épicerie de ma famille, alors que j'étais en train de ranger au fond. J'avais quelques fois du temps libre dans ma formation, et ma mère tenait à ce que je n'oublie pas mes tâches malgré elle, un moyen comme un autre de me rappeler que je n'étais pas totalement libre. Au début, je ne l'avais pas remarqué. C'est elle qui m'a reconnu la première dans ma tenue de prolétaire et d'esclave. J'avais un tablier blanc dont je me servais pour faire le ménage, quelle humiliation...

« Reinefield ? J'ai besoin de ton aide. »

Ah... le son de sa voix ! Au début, je crus que tout cela n'était qu'un rêve, mais lorsqu'elle posa son regard bleu sur moi, je sus que la réalité était un cauchemar. Je trouvais cela humiliant de me retrouver de la sorte devant elle, alors qu'est-ce que j'ai fait ? J'ai grogné, comme je le fais toujours lorsque je suis gêné, ou dérangé. Elle tentait d'attraper de sa petite main une boîte en métal renfermant des gâteaux. Je ne l'avais pas deviné gourmande. Je me faufilai dans son dos, je ne pouvais pas voir son visage ainsi, et je pris la boîte de gâteau ; elle arrivait à mes yeux. Hortense faisait de deux têtes de moins que moi, et avec cette différence, avec mes deux mètres... je me sentais ridicule. Sans rien dire, je la lui donnai. Elle fit un pas sur le côté, elle m'observa en silence. Je n'osais pas bouger ou parler, je n'aimais pas les contacts humains... est-ce qu'elle allait se moquer de moi à cause de ma tenue d'épicier ?

« Tu es libre ce soir ? »

Plus tard, j'appris que ce fut Hortense qui raconta la vérité à mon maitre, et que ce fut grâce à elle que je ne me fis pas exclure de ma formation. C'était un être de caractère, inflexible et autoritaire. Pendant des semaines, je l'avais épié, suivi dans les ruelles, pistant son odeur comme une drogue. Et pendant une nuit, je l'ai possédée. Je l'ai senti en moi, je me suis plongé et déversé en elle, fébrile et maladroit ; une fois que j'obtenais ce que j'avais tant désiré, j'ai perdu mes illusions. Hortense n'était pas si extraordinaire, même si nous avions passé un moment délicieux. Je me souviens du violent désir que j'avais ressenti, au point où j'avais peiné à me contrôler. Ce fut la première fois que ma soif de sang fut si forte. Je la quittai vite alors, tel un voleur, et en sortant de chez elle, je plantai mes crocs dans ma main. Je bus mon propre sang, parce que j'en avais eu besoin ; j'avais failli la mordre, elle.

J'évitais de l'approcher alors, conscient du monstre qui peu à peu, occupait toute mon âme. Mon cerveau défaillant était amené à imaginer le goût de son sang, cette idée obsédante m'empêchait de dormir. Lorsqu'Hortense venait me voir, essayant de renouer le contact avec moi, je rougissais, stupide, et je m'enfuyais. Si elle apprenait ce que mon esprit pourri voulait, elle me haïrait. Au bout d'un moment, elle s'en trouva un autre, complètement différent de moi ; je ne sus pas ce qu'elle était venue chercher chez moi.

Mon frère aîné durant cette période s'acheta une esclave, qui servit à s'occuper de l'épicerie le temps que je termine mon enseignement. Auparavant, ma famille évitait les humains chez nous ; en réalité, nos parents ayant eu quatre fois, ils n'en avaient pas vu la nécessité, hormis celle de se nourrir. Mon frère choisit cette jeune femme parce qu'elle lui avait plu, et qu'elle semblait vive. Sans doute pour me remplacer à l'épicerie, il était venu la chercher à la Ferme. Elle s'appelait Myriem, et... encore une autre femme ressemblant à ma soeur. Myriem convenait au rôle qu'on lui demandait, elle s'occupait mieux que moi de l'épicerie, et se montra vite nécessaire à mes parents. Dans mon souvenir, le désir du sang de Hortense me hantait. Myriem arrivait le matin, accompagné par mon frère, peu avant que moi-même me lève pour suivre les enseignements de mon maître. Elle se présentait de sa voix douce, elle m'avertissait de sa présence devant l'escalier menant au grenier, puis elle faisait le ménage. Un jour, je la retrouvais comme à son habitude en train de trier la marchandise, elle était soucieuse de mon état, et me témoignait l'attention que ma mère ne m'avait jamais donnée. La lumière du jour apparaissait derrière les fenêtres, mes parents n'étaient pas encore là, et nous n'étions que tous les deux. Sa chevelure blonde descendait jusqu'à ses reins, sa bouche vermeille me sourit par politesse. Je ne la saluai pas. Quelque chose dans mon pas était raide, j'avais faim. Mon ventre se tordait de douleur.

En rangeant des papiers, Myriem se coupa. Le son d'abord arriva jusqu'à mon oreille, puis vint l'odeur du sang. Un parfum acide, mais envoutant, se marquant comme un arôme trop épicé. Mes narines se gonflèrent, et lentement, je me retournai vers elle. Elle porta son doigt jusqu'à sa bouche, et elle me regarda sans s'apercevoir qu'elle avait réveillé un monstre. Je me nourrissais peu, conscient que si je le faisais, je tuerais l'humain par gourmandise. Mon maître m'avait donné un enseignement strict là dessus pour m'apprendre à « sentir » les humains, il m'interdisait de me nourrir pendant plusieurs semaines. Ici... je ne sus pas exactement ce qu'il se passa dans ma tête. J'avais envie de son sang, et en elle, je voyais à la fois le visage d'Hortense et de ma soeur. Je lui ai sauté dessus, je l'ai prise par la gorge, et je mordis dans son poignet. Pragmatique, je lui couvris la bouche de ma main pour l'empêcher de crier. Elle poussa des gémissements plaintifs, son sang était bon... mais j'avais besoin d'autre chose. J'ai brisé la règle, je me suis laissé aller à ma bestialité, et au fond de l'épicerie, alors que la ville s'éveillait doucement, je l'ai violé en la menaçant de la tuer si elle avertissait qui que ce soit de ça. En elle, je voyais toutes les femmes que j'avais aimé et qui m'avaient rejeté, en elle... je me plongeais, désespéré, répandant son sang et sa peur. Plus jamais Myriem ne sourit, elle devint presque muette. Terrorisée, elle n'en parla à personne, et moi, je terminai mon parcours.

Quelques mois plus tard, mon frère aîné nous apprit qu'elle s'était enfuie, alors qu'il cherchait à savoir pourquoi elle avait le ventre si rond. Libéré de mon maître, je trouvais une nouvelle existence en tant que chasseur. Je faisais le sale boulot, j'étais toujours un paria, mais j'étais utile. Je chassais les rebelles comme personne, je parvenais à penser comme eux, et à les débusquer.

Je n'eus aucun honneur lors de mon ascension, je n'étais pas assez droit et bon pour cela. Toutefois, mon maître reconnut en moi un excellent chasseur. J'étais comme les chiens, ou les loups, je flairais la piste des esclaves en fuite, et je les retrouvais facilement. Enfin, je me mis à vivre, en quelque sorte. Je ne prenais de réel plaisir qu'à la chasse, et à la poursuite des rebelles. Je tuais uniquement lorsque cela m'était autorisé, et j'aimais ça. Dans ces moments, ma soif de sang et ma barbarie rentraient en communion. Lorsque l'humain perdait son dernier souffle de vie, je sentais une vague de sérénité m'envahir. Je détruisais tout, c'était dans ma nature, mais ici... on me l'autorisa. Le temps passa, je n'avais pas vraiment de volonté à monter en grade, je préférais continuer à rester un chien de chasse. Cela me convenait mieux. Les années passèrent, je ne sus pas combien en réalité. J'appris que Myriem était toujours en vie, et qu'elle avait rejoint les rebelles. Six ans étaient passés depuis sa fuite, et j'ai toujours été le même ; j'ai peu changé.

Je me donnai la mission de la retrouver. J'avais les compétences, et la volonté. Pendant des mois, je l'ai traqué, et c'est le hasard qui me l'amena vers moi. Elle errait aux alentours de la ville, une petite fille de six contre elle. Je la reconnus tout de suite, même si son visage était moins beau, et si sa chevelure avait perdu son éclat. J'ai fait comme si je n'avais rien remarqué d'abord, puis je me mis à la suivre, telle une ombre se glissant sur les murs. Elle quitta la ville, son enfant dans les bras ; celle-ci pleurait, et ce fut elle qui me remarqua au bout d'un moment. Je pensais d'abord grâce à elle découvrir où les rebelles se cachaient, mais lorsque la gamine leva sur moi un regard plein d'interrogation, je sus que j'échouerais. Myriem se retourna lentement vers moi, nos regards se croisèrent, et elle ouvrit la bouche de stupeur. Puis, ses traits se fermèrent. Je n'avais jamais vu autant de volonté dans le regard d'un être humain ; elle me défiait, et la peur s'était envolée. Pourtant, j'incarnais tout ce qu'elle haïssait ; je l'avais violé, et je m'apprêtais à la tuer. Pendant longtemps, je l'ai poursuivi, me rendant jusqu'à la zone hostile où elle tentait de se réfugier parmi les siens. À bout de souffle, Myriem s'arrêta et m'envoya un regard haineux. Son enfant pleurait, mouillant ses vêtements de ses larmes, et comprenant ce qu'il adviendrait de sa mère. D'une voix maîtrisée, la rebelle murmura :
« Va-t-en mon coeur, je te rejoindrai après. »

La fillette recula de quelques pas, il faisait nuit. Mes sens étaient en alerte, le vent soufflait dans mes cheveux et contre ma peau. Je m'avançai d'un pas vers elle. Elle se raidit, et elle ramassa une pierre pointe sur le sol. En montrant mes crocs, je fondis sur elle telle l'ombre du cauchemar. Mes mains plongèrent sur sa gorge, et je la plaquai contre le sol. En criant, enragée, elle se débattit. Elle frappa ma bouche avec sa pierre, avec une force que je ne lui avais pas connue. Je pouvais la tuer, c'était dans l'ordre que j'avais reçu. Alors je ne l'épargnai pas, et je perdis ma raison. Toi, voyeur anonyme suivant mon récit, tu te demandes ce que j'ai bien pu lui faire ? La pudeur m'empêche de tout te décrire. J'ai pris la pierre, et je l'ai écrasé sur son crâne, encore et encore. Je me suis abreuvé de son sang, j'ai aspiré chaque goutte de sa vie, et j'ai profané son cadavre. Ma main était plongée dans ses entrailles, mon rire résonna dans la nuit, la lune fut spectatrice de ma folie. Comme une bête, je me nourris de sa chair et de son sang. Jamais je n'avais été aussi loin dans le meurtre d'une rebelle, mais j'y prenais tant plaisir que je ne parvenais pas à me calmer. Ma respiration était sonore, mon coeur battait fort dans ma poitrine.

Lorsque le calme revint, je croisai le regard de la fillette. Elle n'avait pas fui, ses jambes ne le lui avaient pas permis. Avec une certaine lenteur, je me relevai, et je me dirigeai vers elle. La gamine pleurait, ses cris perçaient mes tympans, et mon peu de patience. Ce que j'apprécie le plus avec les enfants, c'est le moment où ils se taisent, l'instant où leur voix s'arrête. Je l'ai prise contre moi, et j'ai planté mes dents dans sa gorge. Son sang fut le meilleur auquel j'avais pu goûter, ça me grisa. C'était différent du sang de sa mère, il y avait quelque chose de plus... et à chaque gorgée, j'avais la sensation d'obtenir de nouvelles forces. Son cadavre retomba sur le sol, j'avais tué un enfant de sang-froid. On me punirait certainement pour ça... pire, on me renverrait. J'ai caché son cadavre, je l'ai enterré, puis je suis retourné à la ville. L'enfant ne ressemblait pas exactement à Myriem, elle n'avait pas ses yeux bleus, mais un regard marron, la chevelure foncée. Avec du recul, je crois que c'est ma fille que j'ai tuée.

Voilà... je ne peux rien ajouter de plus. Moi, l'ombre honteuse de ma famille, j'étais devenu un véritable monstre. Me pliant difficilement aux règles, je suis devenu un chien affamé, chassant l'humain comme je le ferais avec du lapin. Je cachai le meurtre de Myriem à mon frère, et celui de sa fille à tous. Il sut à peine que j'eus une mise à pied pour l'avoir tué J'ai eu une vie longue, et elle n'est pas terminée. Je vis toujours dans le grenier de l'épicerie familiale, mais voilà dix ans maintenant que ma mère nous a quittés. Mon père l'a suivi récemment, et il me reste que ce grenier miteux où il fait froid l'hiver, et affreusement chaud l'été. Mes frères et ma soeur ont bien voulu me laisser cela, mais ils évitent d'avoir à prendre contact avec moi. Ma soif de sang ne se calme toujours pas, après la mort de Myriem, je me suis mis à boire en espérant la tarir un peu. Malheureusement, l'alcool me troue l'estomac sans me rendre ivre. Je suis toujours aussi seul et isolé. Je reste utile à cette société si différente de moi, en laquelle je ne me retrouve pas. Je suis le fils des épiciers, Friederich Reinefield, le chasseur. Ma silhouette se reconnait aisément, tout un tas de rumeurs court sur mon compte, certaines sont vraies... d'autres non. Je ne suis toujours pas parvenu à renouer de vraies relations avec les autres, mais cette vie me va. Tant que je peux continuer à tuer, en avoir l'ordre même... j'aurais une raison de vivre. Une raison de me lever tous les jours, et de parcourir Hellena. Je suis toujours seul. Je refuse de donner une descendance à mon nom, de crainte d'ouvrir une génération d'aliénés.


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MessageSujet: Re: Le Cas Reinefield   Dim 15 Mar - 13:34

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Reine d'Hellena

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Rebienvenue donc !
Comme je te l'ai dit ton histoire me convient, tu as fait les modifs, du coup je te valide.
Tu n'as plus qu'à aller recenser ton avatar.
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MessageSujet: Re: Le Cas Reinefield   Dim 15 Mar - 13:46

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Merci :)


La Chanson de Friederich
«Voici Reinefield le chasseur,
Il arrive, il sème la peur,
Écrase les papillons,
Éventre les oisillons.
Véritable sociopathe,
De leur sang, il s'adéquate. »
(⚡️) le chant des sirènes.
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MessageSujet: Re: Le Cas Reinefield   

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Le Cas Reinefield

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